Vitrail de Lazare et du Mauvais Riche
On sait que les 22 vitraux qui ornent le déambulatoire de la cathédrale étaient en place en 1214. Tous ces vitraux (à l'exception de celui du Bon Samaritain) se lisent de bas en haut et de gauche à droite. Ils ont été offerts par les confréries qui se sont représentées en bas des vitraux (ce qu'on appelle la "dédicace" du vitrail). Les photos qui suivent sont présentées dans le sens de la lecture avec un bref commentaire. Pour plus d'explications, reportez vous au livre du Père Hervé BENOIT : "Les grands Vitraux de Bourges" (voir la page "bibliographie").
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Commentaire de scène.
Vitrail. Dimensions de la verrière : 220x 600 cm. État de conservation : restauré au xixe
siècle, puis par Chigot entre 1947 et 1955. Ce vitrail est protégé au titre des Monuments Historiques (il a été classé au titre immeuble en 1862, référence : PM18000439). Inscription conservée
in situ. Localisation : déambulatoire, côté nord, baie à l'ouest de la deuxième chapelle.Caractères peints.
Datation : vers 1205-1214 [datation par le support en accord avec l’analyse paléographique] et xixe -
xxe siècles.
Disposition horizontale sur une et cinq lignes. Double réglure au premier niveau. Mélange de capitales et d’onciales (E fermés). Module étroit, tracé fin, présence d’empattements. Belles graphie avec des lettres ornées : les S sont perlés ; les C sont doublés par un trait fin ondulé ainsi que les O. La graphie des mots hic est dives est particulièrement soignée, la barre verticale de chaque lettre étant soulignée par un trait fin parallèle. Ponctuation régulière par un point entre les mots.
Les inscriptions de ce vitrail, donné par les maçons, sont des commentaires de scènes à l’aide du texte biblique. Elles mettent toutes en avant le comportement et le châtiment du mauvais riche. Dans cette verrrière deux passages de l’évangile de Luc sont réunis : la parabole du riche et du pauvre Lazare (Lc XVI, 19-31, d’où provient Pater Abraham), et la péricope du riche insensé (Lc XII, 13-21 : verset 20, la voix de Dieu s’adresse en style direct au riche : « Stulte, hac nocte animam tuam repetunt a te ; quae autem parasti cujus erunt ? »). Au troisième registre, le riche attablé est identifié, tandis que Lazare représenté en lépreux avec une cliquette est peint dans un médaillon anépigraphe à droite. Au cinquième registre, ce sont encore les paroles du riche qui, de l’Enfer, implorent Abraham.
Sur le plan stylistique, Louis Grodecki avait rapproché ce vitrail de l’atelier des Reliques de saint Étienne, qui incluait également la verrière du Mauvais Riche et de Lazare. Il est cependant difficile de repérer des similitudes graphiques entre les inscriptions de ces trois vitraux. L’écriture est ici élégante avec l’alternance de formes droites (L, T, V) et d’autres ondulées (les A), le redoublement de certaines formes par un trait fin (les O) ou en zigzag (les C). Soulignons enfin la variation des couleurs utilisées d’une ligne à l’autre, même quand il s’agit d’une seule phrase, par exemple au deuxième registre.
Source : Site Internet "Titulus" - Corpus des inscriptions de la France médiévale
Commentaire du Corpus Vitrearum
Baie 23 (B), vers 1210-1215
Une lancette. H. 6m - L. 2,20m. Restauré au XIXe siècle.
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